Le froid en haute altitude

Origines

Lutte du corps contre le froid

Gelures: Causes objectives
  Classification
  Prévention (avant / pendant l'expédition)
  Traitement
   
Hypothermie Légère
  Sévère
  Traitement

Les risques liés au froid sont :

  • Fatigue inutile due à la lutte contre le froid

  • Acclimatation difficile

  • Gelure d'un membre

  • Hypothermie

Il est possible de diminuer ces risques par un comportement adéquat.


Origines

La sensation de froid provient de la vitesse de refroidissement de la surface de la peau. En montagne, quatre  facteurs en sont responsables.

 

Lutte du corps contre le froid

Les températures moyennes sont basses en haute altitude (-24o à 6000 m) et le corps doit lutter. Il adopte 2 mécanismes de défense automatiques:

Le sacrifice de la périphérie

Il est une diminution du débit sanguin cutané rendant la peau moins isolante. Les effets se font particulièrement sentir au niveau des pieds et des mains. Chaque individu réagit de manière spécifique.

Certains entraînements existent cependant pour en retarder la venue. Ils consistent à habituer le corps à passer d'une lutte à une adaptation au froid en diminuant la température corporelle centrale de un ou deux degrés.

La thermogenèse

La thermogenèse peut s'effectuer de deux manière. La première, automatique, a un grand désavantage puisqu'elle est une grande consommatrice d'énergie. Elle consiste en frissons et libération d'hormones:

La thermogenèse volontaire permet d'éviter cette débauche énergétique. Elle se réalise par la pratique de l'effort et l'absorption de nourriture (principalement des protéines).

 

Gelures: causes objectives

 La gelure s'installe de manière insidieuse, sans crier gare. 

Les gelures sont majoritairement la résultante d'un manque d'attention

Il est ainsi nécessaire de vérifier souvent ses extrémités. Une action immédiate est possible (et requise) lors de la montée de l'insensibilité et de l'engourdissement. Une fois la gelure installée, il est par contre préférable d'attendre pour pouvoir la traiter correctement de manière à ne pas risquer une aggravation.

Les parties à risque sont principalement les extrémités. Les joues, les oreilles et le nez peuvent également geler mais sans que les conséquences ne soient bien graves.

Les gelures ne sont pas l'apanage des température extrêmes. Quelques degrés en dessous de zero, accompagnés de vent, peuvent suffire. Leur apparition est également fonction de la répartition interne du flux de chaleur. Celle-ci est altérée, outre par le mécanisme de sacrifice de la périphérie, par des phénomènes de vasoconstriction. La vasoconstriction peut provenir de:

 

Gelures: classification

Déterminer la gravité d'une gelure demande de patienter deux à trois jours après le réchauffement. Ce dernier influe beaucoup sur les risques possibles d'aggravation, la gelure étant constamment en évolution. Les gelures peuvent être classées en fonction de  leurs possibles conséquences :

 

Les gelures superficielles

 

Les gelures profondes

 

1er degré
  • des douleurs apparaissent
  • les tissus deviennent pâles puis gonflent et prennent une couleur rouge
2ème degré léger
  • les tissus deviennent pâles puis violacés et volumineux
  • la sensibilité superficielle est absente mais des lancées sont ressenties
  • des poches d'eau (transparentes) se créent
  • la guérison prendra quelques semaines et de petites séquelles sont possibles. L'insensibilité au froid peut persister plusieurs années.
2ème degré grave
  • les tissus deviennent pâles puis noirs
  • la peau reste froide, sans sensibilité
  • les poches d'eau sont opaques
  • les séquelles seront sévères et une nécrose s'installera. Les tissus sont morts (noirs et secs) et ils se détacheront.
3ème degré
  • aucun signe de réchauffement n'est perceptible
  • les cloques sont remplies de sang
  • les membres sont morts et ils seront perdus
  • seule l'amputation est possible, après plusieurs mois

 

Gelures: prévention

Avant le voyage

Mécanisme volontaire pour améliorer la résistance au froid

Il consiste à réveiller l'acclimatement du corps plutôt que de mettre le processus de défense en marche en le forçant à s'habituer au froid. L'objectif est d'habituer le corps à se refroidir dans son ensemble ( de 37o à 35o) pour préserver les réserves énergétiques. La surface de la peau peut ainsi descendre jusqu'à 12o et les extrémités ne sont plus sacrifiées.
Différentes méthodes permettent d'y parvenir:

Elles permettent rapidement, outre une diminution de la consommation d'énergie, de retarder la douleur aux extrémités et d'avoir une meilleure dextérité par grand froid.

 

Durant le voyage

Les meilleures méthodes sont:


Vêtements

matériel

Afin de diminuer les risques de gelure, les vêtements doivent être de bonne qualité et couvrir le visage, le cou et la nuque. Il ne doivent pas être portés serrés, particulièrement aux extrémités (gants, chaussettes et chaussures). La transpiration doit pouvoir passer librement et les vêtements permettre une bonne ventilation (vêtements en Gore-Tex et sous-vêtements synthétiques). La meilleure technique est donc d'adopter la méthode des 3 couches. La première, près du corps, la deuxième pour réchauffer et couper le vent (laine polaire en windstopper), la troisième étant une veste en goretex, non doublée et munie d'aérations sous les bras et sur le devant.


Attitude adéquate

Il  faut absolument éliminer toute humidité. Ceci implique d'éviter de transpirer, en cas d'effort, par la diminution de l'intensité ou en ôtant une couche de  vêtements.

Les extrémités sont fragiles et elles doivent être souvent vérifiées. Elles doivent absolument rester au sec. Dans le cas contraire il faut se changer. Porter des guêtres permet d'empêcher l'infiltration de neige ou d'eau dans les chaussures. A l'extérieur, les moufles sont de rigueur tout en ayant  toujours dessus une paire de gants légers pour pouvoir prendre des photos ou faire la cuisine, par exemple.

Le vent pouvant être violent et soudain, il ne faut jamais poser un habit, un gant ou autre par terre, que ce soit aux camps ou lors d'une pause. La perte d'un vêtement peut, en effet, rendre caduque des mois d'entraînement. Pour limiter les conséquences du vent, le bivouac doit être placé, si possible, à l'abri.

Une alimentation riche favorise la formation de chaleur corporelle. Il faut donc boire beaucoup ( pour diminuer la viscosité du sang) et manger (pour fournir de l'énergie) .  L'alcool doit être évité car il est un vasodilatateur qui favorise les pertes de chaleurs. La cigarette fait également baisser la température.

Il vaut également mieux ne pas s'accroupir, afin que le sang puisse circuler et éviter de toucher, à mains nues, les objets métalliques, grands conducteurs de froid.

 

Gelures: traitement

A ne pas faire

 

le Traitement des gelures superficielles

Impérativement être dans un local bien chauffé et réchauffer la zone gelée ainsi que le corps entier.

En premier lieu, il faut réchauffer le corps:


Tout de suite après, réchauffer la partie gelée :

Puis, se reposer au chaud, dans un sac de couchage déjà réchauffé par un autre. Mettre les extrémités gelées à l'horizontale.


Par la suite :

 

Le traitement des gelures graves

Il est plus complexe et ne peut être réalisé qu'en milieu hospitalier, si possible dans des hôpitaux spécialisés dans ce traitement. Plus le traitement est entrepris rapidement et plus les chances de récupération sont importantes. Il est nécessaire d'être rapatrié rapidement.

 

L'hypothermie

L'hypothermie est déclarée  lorsque la température du corps descend en-dessous de 35o. Un tel constat ne peut être effectué qu'à l'aide d'un thermomètre qui prendra donc sa place dans les bagages.

En haute altitude, elle peut subvenir lorsqu'une personne est bloquée sans protection (mauvais temps, ...). Elle est également possible lorsque d'autres traumatismes et  blessures ont eu lieu. Ceux-ci retiennent souvent toute l'attention et l'hypothermie passe souvent, au début, inaperçue.

 

Hypothermie légère

Elle est caractérisée par:

 

Hypothermie sévère

Elle est caractérisée par: 


Attention, elle peut conduire à un état comateux et une rigidité corporelle.

 

Traitement

Si l'on est bloqué en altitude :

Le Réchauffement :


Quelques jours de repos, au chaud, suffiront à la guérison.